Projet Piron

À Bretoncelles, en décembre 1974, les ouvrières et ouvriers de l’équipementier Piron, confrontés à une menace de fermeture, se mettent en grève, occupent l’usine et licencient leur patron. Ce geste radical résonne loin, on en parle dans Ouest France, Le Perche et même Le Monde. Commence une longue lutte pour maintenir l’intégralité des emplois. Quand les ouvriers doivent quitter l’usine, ils occupent la mairie de Bretoncelles, n’est-ce pas la « maison du peuple » ? Enfin, ils se replient sur la salle des fêtes. Des comités de soutien se créent de Mortagne à Chartres ; lycéens, enseignants, agricultrices et agriculteurs se mobilisent. Si certains découvrent à cette occasion Pablo Neruda, le théâtre engagé ou la lutte des classes, d’autres sont très hostiles à ce remue-ménage gauchiste. Pourtant les événements font naître un groupe militant qui multipliera les actions, rassemblements, manifestations, à Bretoncelles et ailleurs. Mais comment éviter que les machines ne soient dispersées ? L’usine est réoccupée et les machines, devenues un « trésor de guerre » sont cachées. La police est de plus en plus présente, les renseignements généraux aussi… Les répercussions de cette lutte se feront sentir au moins jusqu’en 1979.