Badia

Badia dans son atelier sous le mécénat du groupe Dedienne ( 1997-2017)

La peinture et rien d’autre,

Badia peint, Pas plus pas moins. Elle fait ce qu’on fait Van Gogh, Gauguin, Soutine, Picasso, Géricault, Delacroix…

Badia peint. Qu’est ce que ça veut dire.

Cela veut dire qu’elle prend plaisir, qu’elle jouit d’inventer des formes en faisant cracher les tubes de couleurs : vert, bleu, rouge…

A l’heure où « l’avant garde » sclérosée de l’Europe de l’Ouest, du dollar, de la « Libre entreprise », de la « démocratie », rend l’âme, Badia peint avec amour de la peinture qui torturait les doigts de Pissaro, de Manet, de Bonnard, de Rouault, de Monet…

N’oublions pas que de New-york à Zurich, plus « l’Art Moderne » dépérissait, « cadavérisait », plus on célébrait l’Art Négre, l’Art Naïf, l’Art Brut.

Par mauvaise conscience. Par masochisme. Par manque d’imagination, de révolte. D’amour. D’une certaine façon, Cézanne est aussi « criminel » que Staline.

L’Art Moderne ne fut, n’est qu’un prétexte à étouffer toutes les expressions « libres ».

Il n’y a pas vraiment d’expressions « libres ».

Il y a, comme Badia, une fureur, une violence, une rage. Une folie : Briser les murs qui interdisent le vraie vie, le vie vraie.

Badia, femme, crie sa déchirure, sa séparation, son désir d’union, sa perte et son Eden.

Elle vibre : Guitare de feu et de nuit. Peintre, c’est sûr, elle est samba, danse africaine, tango, rock, limbo, rythme bamiléké, cérémonie devant la mosquée à Rabat. Elle est corps. Elle se jette sur la toile comme un astre meurtri.

Elle est toutes les musiques du monde, sang de la révolte, de l’espoir et du songe. Chargée d’héritages et de devenirs. Qui réclame un absolu mutisme : Naître, Vivre, Etre au Monde.

En 1990, Elle est l’urgence : Elle doit affronter son fantôme, son double. Elle doit saigner pour émerger de l’ombre. Elle peint comme on fait face à l’ennemi, à l’abîme.

Elle ne va pas « plus loin », Elle va « ailleurs », là où le sang monte à la tête. Là où brille l’Orient. Là où s’étoile le silence.

André Laude (1990)

Badia : 02 32 36 59 86 – badia.sculpteur@free.fr